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Diva Vous Informe
Un DVD pour convaincre


Au-delà d’un simple témoignage, le film documentaire DRH, est l’aboutissement d’un travail de réflexion autour du regard et des représentations que peuvent subir les travailleurs issus du milieu protégé.
En choisissant de s’adresser aux entreprises le travailleur handicapé se positionne comme une personne spécialisée, une personne qui a des connaissances empiriques lui permettant mieux que quiconque de parler de sa situation. Il est son propre consultant.
Filmé en situation authentique de travail, l’approche du handicap n’est plus simplement centrée sur l’individu mais tout autant sur l’environnement où il lui est permis d’évoluer. Il en naît un dialogue, un échange qui « Démystifie le Recrutement des personnes Handicapées ».
Cette rencontre entre les entreprises, les différents acteurs de l’insertion professionnelle et les travailleurs handicapés interrogent sur la façon dont tout un chacun se représente les personnes handicapées. La notion même de handicap devient un cliché.

Delphine C.


DRH un film documentaire initié par DIVA
Un support pour sensibiliser

extraits



« Pour moi, c’est quelqu’un de parfaitement 
intégré dans le milieu professionnel... »
Jean-Lin Lepoutre, Directeur « Les Floralies »

« Elle avait les qualités requises (...)
Ce qui est intéressant, c’est qu’à force 
il n’y a plus de différence ! »
Jean-Claude Coquelet, Responsable Qualité

« Toutes les personnes handicapées que nous 
avons intégrées perdurent au niveau du magasin. 
Elles sont toujours présentes dans nos effectifs. »
Hélène Pequeño, Ressources Humaines

« On s’est donné les moyens (...)
Je ne me suis jamais posé la question de savoir 
si j’allais travailler avec quelqu’un d’handicapé. »
Nathalie Mazoyer, Directrice

« Je l’ai laissée s’adapter à l’équipe (...)
Pour moi, elle fait partie des meilleurs éléments 
de mon équipe. »
Laurent Istria, Chef de Département

publication d'un DVD


Édition mars 2008
Alain Brun, en formation d’agent de maintenance

Je suis entré en formation « Accès V » au CRP Jean Pierre Timbaud, c’est une remise à niveau basée sur le projet professionnel. Au début j’étais soucieux de savoir comment ça allait se passer, surtout après 5 ans passés en CAT. C’est au niveau de la communication que j’étais inquiet, j’avais peur du groupe et du regard qu’il porterait sur moi. Mais les différents ateliers mis en place dans la formation m’ont aidé.

Dans les ateliers communication et corporel, j’ai même fait du théâtre, les gens du CAT m’auraient vu ils auraient dit ce n’est pas Alain ça ! Le groupe était solidaire, il n’y a pas eu de conflit. Cette formation est très importante pour moi, je n’étais pas conscient de mes capacités et maintenant ça m’a renforcé. J’ai appris qu’il ne faut jamais se sous-estimer, chaque personne a une valeur et une richesse.

J’ai effectué un stage de trois semaines dans une entreprise de réparation et d’entretien de fauteuils dentaires. Comme je suis observateur, j’ai regardé comment l’entreprise fonctionnait et j’ai secondé le technicien dans des dépannages chez des dentistes et des dispensaires. Ce stage a permis de valider mon projet de suivre une formation d’Agent de Maintenance sur Système Automatisé. J’avais été pré orienté par DIVA. La formation débutera en novembre prochain.

Etant donné que je vais reprendre le CAT pendant 7 mois, j’aurais encore une appréhension pour la formation, il faudra de nouveau prendre confiance, je suis au début de mon parcours.


Édition janvier février 2008
Andrée Chilou, employée polyvalente de restauration

J'ai été embauchée en CDI en octobre 2007 par la société Mac Donald's pour travailler à temps partiel à Rosny 2. Ce restaurant est très fréquenté, il y a du travail et j'aime bien ça. D'abord, j'ai participé à des réunions d'information où un responsable expliquait le travail aux nouveaux employés. On nous a aussi expliqué les consignes de sécurité, on nous a donné nos vêtements de travail...

Je m'occupe du service en salle : je débarrasse les plateaux oubliés, je nettoie les tables, je fais le balayage et je lave par terre quand un client fait tomber son gobelet. Je lave les carreaux et de temps en temps, je vais voir dehors s'il n'y a pas des papiers qui traînent par terre.

J'ai été bien accueillie et je m'entends bien avec mes nouveaux collègues. Je ne regrette pas le CAT et je trouve que le travail est plus facile à Mac DO. Mais j'aime bien allez voir mes anciens copains et comme je ne travaille pas le lundi je vais parfois déjeuner avec eux le midi.


Édition décembre 2007
Daniel Tellier, employé de libre service

Je travaille au magasin Carrefour de Stains depuis le 30 juin 2003. Actuellement je suis du soir, affecté à l’évacuation des déchets. A l’aide d’un tracteur électrique, j’amène par deux des bennes dans les rayons en fin de journée.

Les équipiers de vente qui remplissent les rayons, mettent les cartons vides et les emballages plastiques dans les bennes qui sont ramassées le lendemain matin par mes collègues. Les déchets sont triés et vidés dans des compacteurs qui les broient.

C’est valorisant de conduire le « petit train », mais pendant les fêtes il y a vraiment beaucoup de volume. Alors en ce moment c’est un peu dur. Parfois je travaille aussi à la démarque. Je remets en rayon les produits frais qui ne sont plus à leur place dans le magasin.

Mes collègues sont sympas et je m’entends bien avec tout le monde. C’est quand même mieux d’être en milieu ordinaire.

C’est clair que je ne veux pas retourner au CAT même si ce n’est pas toujours facile et qu’en cette période on est un peu débordé. J’aimerais bien que des anciens collègues du CAT me rejoignent pour me donner un coup de main.


Édition novembre 2007
Interview des moniteurs de l’IROKO

DIVA : Bonjour, j’aimerais que vous nous parliez des relations de votre atelier avec DIVA. Si je récapitule, 3 personnes de l’IROKO sont, aujourd’hui, suivies dans un emploi ordinaire. 2 CAP de « Cuisinier » ont été obtenus et une troisième personne est en formation. 4 personnes sont actuellement en cours d’accompagnement. En tout, ce sont 7 personnes de votre atelier qui sont accompagnées. Pouvez-vous me rappeler combien de personnes travaillent dans votre atelier ?

IROKO : Nous avons un effectif de 8 travailleurs.

DIVA : Alors comment expliquez-vous l’engouement de vos travailleurs pour un accompagnement DIVA ?

IROKO : C’est le fait que, dès qu’il y a une personne qui arrive, nous l’informons tout de suite que l’IROKO, c’est un palier. A la fin de sa formation, il y a un tremplin avec DIVA qui demandera peut-être plusieurs mois ou plusieurs années, mais nous travaillons dans ce sens là. Ça la motive déjà, elle sait qu’elle ne va pas rester là.

DIVA : Y a-t-il une demande de la part des travailleurs de s’engager dans une démarche vers le milieu ordinaire ?

IROKO : Et bien oui !

DIVA : Donc DIVA fait parti de vos outils ?

IROKO : Oui et nous pensons que c’est pour ça que nous avons autant de personnes sorties et en cours d’accompagnement.

DIVA : Est-ce que votre accompagnement mobilise des attentions particulières par rapport au travail en entreprise ?

IROKO : Oui ! « A l’extérieur, tu ne pourras pas faire ça… Ça, ça ne se fait pas… ». L’accompagnement se fait toujours dans ce sens là. Tout en sachant qu’il y a des gens qui ne partiront jamais. C’est leur choix qui dépend aussi de leurs capacités.

DIVA : Est-ce que DIVA vous pose des problèmes dans votre activité, votre organisation ?

IROKO : Non, pas du tout. Ça nous dynamise aussi. Parce qu’on est obligé de se remettre en question. Ça nous évite la routine, du fait que vous vous occupiez de sortir les gens et de les placer à l’extérieur. Et c’est bien ! Ça ne peut être que bien.

DIVA : Est-ce que le caractère particulier de votre atelier qui est d’accueillir des clients de l’extérieur, favorise le fait que les travailleurs souhaitent s’adresser à DIVA ?

IROKO : Oui, un peu plus. Ils sont quand même confrontés aux réactions des clients. Ils doivent faire attention à leur façon de se tenir, à leur langage. En cuisine, on est entre nous, mais en salle ils apprennent à avoir un autre langage par rapport à la clientèle.

DIVA : Par exemple, M. AL qui prépare un CAP, quand il est arrivé, ça ne semblait pas facile, il avait ses fragilités. Et depuis cette époque, il a énormément progressé…

IROKO : Oui mais c’est le même travail. Quand il est parti en formation, on était heureux. Bon, ça nous faisait gros sur le cœur parce qu’on l’appréciait comme tous ceux du groupe. C’est génial, il a réussi quelque chose.

DIVA : Et que pensez vous des efforts que font les travailleurs, que ce soit pour reprendre une formation ou pour faire leur place en milieu ordinaire ?

IROKO : Pour certains c’est important, notamment par rapport au salaire. Ils font aussi des projets, ils ont envie de vivre en couple, de trouver un appartement. La rémunération CAT n’est pas prise au sérieux, l’AAH n’est pas prise en compte par les bailleurs… Par exemple ; M. AL a le projet de prendre un appartement. En ce moment il ne peut pas.

DIVA : Est-ce que c’est la perspective du milieu ordinaire qui les incite à faire plus d’efforts ?

IROKO : Oui, c’est certain. Si tu arrives dans une entreprise en sachant que tu es là pour toute ta vie, tu tournes en rond ! Tu ne te motives pas. Là, tu sais qu’il y a une progression possible et ça motive.

DIVA : Donc pour vous DIVA ne pose pas de problèmes particuliers, ça ne peut pas justifier des baisses de productivité ?

IROKO : Non, non. Aucun souci par rapport à ça. Bon, ça pourrait. C’est sur que si aujourd’hui on est complet, peut-être qu’on vous demandera de reporter un rendez-vous. Et encore, on s’arrange. Il faut avoir compris le rôle de DIVA.

DIVA : Et alors, le départ d’un travailleur pour le milieu ordinaire, vous vivez ça comment ?

IROKO : Très bien. Nous sommes très très contents. Quand tu as travaillé trois ans avec une personne et qu’elle s’en va parce qu’elle a trouvé une meilleure place pour elle ; c’est génial. On a beau faire attention à la distance, tu t’attaches toujours aux personnes. Le but c’est qu’elle progresse.

DIVA : Lorsqu’une personne revient, à la fin de sa formation ou parce que son expérience en entreprise n’a pas été concluante, comment ça se passe ?

IROKO : Lorsqu’une personne revient après une expérience qui n’a pas été concluante, c’est déjà difficile pour elle, elle vit ça comme un échec. Ça nous demande plus d’attentions. Lorsqu’ils ont leur CAP « cuisine », il vaut mieux pour eux qu’ils trouvent rapidement un emploi. Il ne faut pas qu’ils se réhabituent au CAT. Et puis ils peuvent se sentir dévalorisés. Même si on leur dit qu’il faut apprendre tous les jours, ils se demandent à quoi ça leur sert. Bon, ça a une influence sur les autres qui voient que celui-ci est arrivé alors ils se disent : « pourquoi pas moi ? ».


Édition octobre 2007
Henri Desmedt, soudeur en intérim

Je m’appelle Henri DESMEDT. J’avais une orientation en CAT où j’ai travaillé pendant trois ans. Au bout de cette période, j’avais envie de faire autre chose, d’évoluer vers un emploi ordinaire.

J’ai sollicité la COTOREP pour leur demander une formation qui me permettrait de travailler en entreprise. La COTOREP m’a adressé a DIVA pour vérifier que j’étais capable de suivre une formation. J’ai d’abord fait un stage d’évaluation sur un poste d’employé de libre-service dans un grand magasin. Cette entreprise a proposé de m’embaucher mais c’était trop loin de chez moi et je n’ai pas pu continuer dans cet emploi.

Plus jeune, j’avais suivi une formation de plombier où j’ai appris la soudure. Il faut dire que j’étais aussi intéressé de travailler pour différents employeurs, de changer souvent d’entreprises parce que je n’aime pas la routine. Je me suis donc adressé aux agence d’Intérim et depuis cinq ans, je fais des missions de soudeur. Pendant ces années, de la confiance s’est construite avec les agences d’Intérim qui m’appellent souvent pour savoir si je suis libre.

Les conditions de travail changent souvent. Je peux me retrouver en chantier ou en atelier. Toutes ces missions m'ont permis d’enrichir mon expérience et maintenant je maîtrise la plupart des travaux de soudure.

Aujourd’hui, je cherche à obtenir une certification de qualité qui serait une véritable promotion pour moi.


Édition septembre 2007
Bernard, employé de libre-service.

Bonjour, je m’appelle Bernard. Je travaille au magasin CHAMPION de Drancy depuis bientôt 2 ans. Je m’occupe aujourd’hui du rayon fruits et légumes. Avant, je tournais dans les différents rayons. Maintenant, je ne change plus.

Mon travail consiste à contrôler les produits : je trie, j’enlève les articles abîmés ou défraîchis, je réapprovisionne quand il en manque.

Je m’occupe aussi des ardoises de prix et de rajouter des sacs plastiques. Je commence à 6H30 le matin ce qui fait que je quitte de bonne heure l’après-midi, entre 13H00 et 14H00. Ces horaires me vont bien car je peux profiter de mon après-midi.

Je me sens bien à CHAMPION. Je connais tout le personnel et je m’entends avec tout le monde. Dans le rayon, nous sommes trois. Parfois, c’est un peu dur pour moi, surtout quand ça devient compliqué ou qu’il faut aller vite. Dans ces cas là, mon chef ou mon collègue me soutiennent et m’encouragent.

Je sais que certains de mes anciens copains du CAT aimeraient bien faire comme moi. Je leur conseille de le faire car je me sens bien dans le milieu ordinaire.